Vincent Willem van Gogh, né le à Groot-Zundert (Pays-Bas) et mort le à Auvers-sur-Oise (France), est un peintre et dessinateur néerlandais. Son œuvre pleine de naturalisme, inspirée par l’impressionnisme et le pointillisme, annonce le fauvisme et l’expressionnisme.

Van Gogh grandit au sein d’une famille de l’ancienne bourgeoisie. Il tente d’abord de faire carrière comme marchand d’art chez Goupil & Cie. Cependant, refusant de voir l’art comme une marchandise, il est licencié. Il aspire alors à devenir pasteur, mais il échoue aux examens de théologie. À l’approche de 1880, il se tourne vers la peinture. Pendant ces années, il quitte les Pays-Bas pour la Belgique, puis s’établit en France. Autodidacte, Van Gogh prend néanmoins des cours de peinture. Passionné, il ne cesse d’enrichir sa culture picturale : il analyse le travail des peintres de l’époque, il visite les musées et les galeries d’art, il échange des idées avec ses amis peintres, il étudie les estampes japonaises, les gravures anglaises, etc. Sa peinture reflète ses recherches et l’étendue de ses connaissances artistiques. Toutefois, sa vie est parsemée de crises qui révèlent son instabilité mentale. L’une d’elles provoque son suicide, à l’âge de 37 ans.

L’abondante correspondance de Van Gogh permet de mieux le comprendre. Elle est constituée de plus de huit cents lettres écrites à sa famille et à ses amis, dont six cent cinquante-deux envoyées à son frère « Theo » avec qui il entretient une relation soutenue aussi bien sur le plan personnel que professionnel.

Considérées comme un chef-d’œuvre de la littérature picturale au même titre que le Journal de Delacroix, ces lettres montrent la culture littéraire et picturale remarquable de Vincent Van Gogh et ses talents linguistiques. Elles sont écrites dans un style précis, souvent lyrique et imagé. Elles reflètent à la fois une vision du monde qui évolue au long de sa vie, entre mysticisme religieux et politique (christianisme social), ainsi que la tragédie solitaire de l’existence de leur auteur.

Fourmillant de détails, cette correspondance apporte des informations irremplaçables, non seulement sur la dynamique de création de Vincent Van Gogh lui-même, mais aussi sur le monde artistique de l’époque.

Vincent Van Gogh s’y montre lecteur avide des écrivains de son époque, français (FlaubertHugoMaupassantMicheletZola), anglais (ShakespeareDickensGeorge Eliot) ou russes (TolstoïTourgueniev), aussi bien que de la Bible, qu’il commente. Il copie de nombreux poèmes, qu’il envoie ou traduit à sa famille. Il évoque et critique la peinture de son époque : Blake, Corot, Degas, Delacroix, Géricault, Meissonnier , Millet, Monet, Rembrandt, Renoir, Russel, Toulouse-Lautrec, les estampes japonaises…

Ainsi il écrit dans la lettre 155 : « Il y a du Rembrandt dans Shakespeare, et du Corrège en Michelet, et du Delacroix dans Hugo, et puis il y a du Rembrandt dans l’Évangile ou de l’Évangile dans Rembrandt ».
Avec une érudition étonnante, les lettres de Van Gogh distillent ses convictions esthétiques, à la croisée de sa passion pour la littérature et de sa foi en la peinture : « Il paraît que dans le livre Ma religion , Tolstoï insinue que quoi qu’il soit d’une révolution violente, il y aura aussi une révolution intime et secrète dans les gens d’où renaîtra une religion nouvelle ou plutôt quelque chose de tout neuf qui n’aura pas de nom, mais qui aura le même effet de consoler, de rendre la vie possible qu’autrefois avait la religion chrétienne. »

Les lettres évoquent aussi les relations parfois difficiles que Vincent entretient avec ses amis et sa famille, ainsi que les soucis d’ordre matériel qui sont les siens, quoique l’édition intégrale permet de les relativiser.

Mais elles montrent aussi combien la « maladie » qui l’atteint l’empêche de travailler, et combien il oppose à sa « folie » , « la logique de son art », ainsi qu’il l’écrit à Saint-Rémy-de-Provence et à Auvers.

Pour Pascal Bonafoux, « Vincent, peint, peint. Il peint comme il écrit. Il écrit comme il peint ».

L’œuvre de Van Gogh est composée de plus de deux mille toiles et dessins datant principalement des années 1880. Elle fait écho au milieu artistique européen de la fin du XIXe siècle. Il est influencé par ses amis peintres, notamment Anthon van Rappard, Émile Bernard et Paul Gauguin. Il échange aussi des points de vue avec son frère Theo, un marchand d’art connu. Il admire Jean-François Millet, Rembrandt, Frans Hals, Anton Mauve et Eugène Delacroix, tout en s’inspirant d’Hiroshige, Claude Monet, Adolphe Monticelli, Paul Cézanne, Edgar Degas et Paul Signac.

Peu connu dans les années 1890, Van Gogh n’a été remarqué que par un petit nombre d’auteurs et de peintres en France, aux Pays-Bas, en Belgique et au Danemark. Cependant, dans les années 1930, ses œuvres attirent cent vingt mille personnes à une exposition du Museum of Modern Art, à New York. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands artistes de tous les temps.

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